Sainte-Gemmes-sur-Loire - Fleur de Loire

Le jardin japonisant

Le saviez-vous ?

L’agave sisal servait à coudre des tapis, tissus et à fabriquer des cordages. La fibre extraite de ces plantes est très résistante, bien plus que nos fils de couture en cotons. Pour récupérer un fil et son aiguille, il suffit de pincer l’épine qui se trouve au sommet de la feuille et de tirer délicatement dessus pour récupérer uniquement la fibre centrale. Attention, à ne pas essayer dans notre jardin, l’agave met 12 ans à fleurir !

Ayant la volonté de restructurer les espaces du lotissement de Moulin Carré, et après consultation de ses résidents, nous avons orienté notre choix d’aménagement sur une ambiance japonisante. Le rocher présent sur le site, le frêne avec son allure de bonzaï et les jardins des riverains nous ont confortés dans ce choix. Après les jardins du presbytère et le jardin méditerranéen, la création sur la commune d’une troisième entité de jardin nous a semblé pertinente. Nous n’avions pas la prétention de créer un jardin japonais mais seulement d’essayer de faire découvrir une culture de jardin qui ne nous laisse pas indifférents. Réalisé en 2011, nous apportons chaque année de nouveaux végétaux pour accentuer cette ambiance caractéristique et s’envoler un peu plus pour le Japon.

Dans la culture japonaise, ces jardins recherchent toujours à idéaliser la nature, ils sont très respectés. Contrairement aux jardins à la française qui sont très symétriques, les jardins japonais recherchent toujours l’asymétrie. Ce principe permet de passer d’un point d’accroche (rocher et végétal) à un autre et à ne pas avoir une scène ou un élément qui soit trop dominant par rapport aux autres. Les visiteurs peuvent alors flâner dans l’espace et découvrir des éléments cachés qui sont visibles en fonction du point de vue d’où on se trouve. Les jardins japonais ne sont jamais ouverts complètement au regard, il faut s’y promener et découvrir des petites scènes, des végétaux et autres enrochements qui donnent l’impression d’un espace plus grand.

L’eau, les rochers, les graviers sont les composants d’un jardin japonais

  • L’eau est très présente dans les jardins japonais. Les bassins torrents et autres pièces d’eau sont toujours irréguliers et asymétriques ce qui permet de représenter des scènes inspirées de la nature. Lorsque pour des raisons diverses, l’eau n’est pas présente, elle est symbolisée par du gravier. Ce même gravier peut être travaillé (ratissé) pour évoquer les vagues, les courants…
  • Les rochers ont un rôle majeur dans la composition des jardins japonais. Au Japon, les pierres abritent les esprits. Elles apportent une impression d’espace.
  • Les graviers sont le plus souvent utilisés pour symboliser l’eau. Toutes les formes, toutes les tailles peuvent être utilisés. Le sable des jardins japonais est un gravier décomposé et non un sable de rivière, ce qui permet de le travailler pour réaliser des dessins. Les motifs sont infinis, on peut lui faire simuler une mer calme ou un océan déchainé à condition de bien maitriser les râteaux outil bien spécifiques indispensable pour la réalisation de tels motifs.

Le végétal est très présent dans les jardins japonais. Les arbres sont utilisés pour marquer les saisons, les cerisiers fleurs (prunus) de par leur floraison officialise le printemps, les érables pour leurs couleurs flamboyantes l’automne et les pins (prunus) l’hiver ainsi que tous les végétaux structurés (taille en nuages) qui retiendront neige et givre.

Les arbustes

Trois sortes d’arbustes composent la trame végétale :

  • La première est composée d’arbustes à fleurs
  • La deuxième regroupe les plantes qui peuvent être taillées en nuages en moutonnements
  • La troisième consiste à planter des arbustes aux formes naturelles.

Les conifères

Les pins et autres arbres persistants sont là pour marquer l’hiver. On trouve souvent des pins qui ont un port sophistiqué et à la fois naturel, il faut des années de travail pour arriver à ce type de résultat. Plusieurs générations de jardiniers doivent se succéder pour former ces sujets d’exceptions. Le pin est également synonyme de longévité.

L’autre particularité des conifères et autres persistants est qu’ils sont souvent conduits en nuages. Cette taille consiste à mettre les branches à nu, et à ne conserver qu’un bouquet de feuilles à chaque extrémité de celles-ci. Ce bouquet peut être conduit en boule ou aplati (nuage).

On peut faire un parallèle avec nos topiaires, mais dans l’approche du jardin japonais, on travaille sur le port du végétal en respectant sa silhouette pour arriver à toucher la perfection. Pour cela les côtés pittoresques de la plante, les qualités et les défauts de sa silhouette devront être des atouts et non des difficultés pour une bonne lecture du végétal. Contrairement à notre approche des topiaires, on ne s’inspirera pas de formes géométriques mais de l’architecture de la plante.

Les couvres sol et autres feuillages jouent un rôle important, ils sont le dernier étage de la végétation. Les mousses sont très prisées au Japon. Aussi petites soient elles, elles mettent en valeur n’importe quel sujet ou matériau. Tous les petits couvre sol permettront d’alléger les scènes mises en place et apporteront une sensation de fraicheur.

Les feuillages apporteront, quant à eux, un équilibre à l’ensemble du jardin et un côté esthétique dû à leurs couleurs vertes.

Quelques plantes à fleurs composent également les jardins japonais.

De grands jardins d’esprit japonais peuvent être visités en France, tels le parc de Maulévrier, le jardin japonais de Toulouse et dans la Drome le jardin zen d’Erik Borja.